JOANNE OTIS, MARIE-ÈVE GIRARD, MICHEL ALARY, ROBERT R. REMIS, RENÉ LAVOIE, ROGER LECLERC, JEAN VINCELETTE, BRUNO TURMEL, BENOÎT MASSE, GROUPE D’ÉTUDE OMÉGA /

Joanne Otis, Professeure, Département de sexologie, UQAM, Titulaire, Chaire de recherche du Canada en éducation à la santé, UQAM

Marie-Ève Girard, Coordonnatrice, Chaire de recherche du Canada en éducation à la santé, UQAM

Michel Alary, Médecin épidémiologiste, CHA de Québec, Professeur, Département de médecine sociale et préventive, Université Laval

Robert R. Remis, Professeur, Department of Public Health Sciences, University of Toronto

René Lavoie, Agent de planification, Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA)

Roger LeClerc, Directeur général, Regroupement des organismes volontaires d’éducation populaire (ROVEP)

Jean Vincelette, Microbiologiste, Service de microbiologie,CHUM Pavillon Saint-Luc

Bruno Turmel, Médecin, Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)

Benoît Masse, Professeur associé, Département de biostatistiques, Université de Washington

Groupe d’étude Oméga

Résumé :

Cet article décrit l’évolution de la consommation de drogues entre 1997 et 2003 chez des hommes gais et bisexuels séronégatifs de la grande région montréalaise, selon l’âge et selon les comportements sexuels à risque pour le VIH. Les données proviennent d’Oméga, une étude longitudinale sur l’incidence et les déterminants psychosociaux de l’infection au VIH chez ces hommes. Les participants ont rempli un questionnaire tous les six mois, et les données sont celles de leur première visite de suivi. Des analyses de tendance par période de calendrier ont été réalisées et un modèle de régression logistique utilisant une estimation par équations généralisées a été généré pour chaque type de drogues. Les résultats révèlent une augmentation de la consommation de cocaïne, de l’ecstasy, des hallucinogènes, du speed et du GHB entre 1997 et 2003. En revanche, la consommation de marijuana, de poppers et d’héroïne ne semble pas avoir changé de façon significative. Les moins de 30 ans et ceux qui ont eu des relations anales à risque semblent avoir été plus enclins à consommer certaines drogues pendant cette même période. Indices de transformations possibles dans les modes de vie de ces hommes, ces résultats soulèvent de nouveaux défis pour la prévention du VIH dans la communauté gaie.

Mots-clés : VIH, homosexuels, risques, drogues, évolution

Drugs, sex and risks in Montreal’s gay community: 1997-2003

Abstract

This article describes the evolution of drug use between 1997 and 2003 in HIV-negative men who have sex with men living in the Montreal region, according to age and HIV risk-taking behaviours. Data come from Omega, a longitudinal study on the incidence and on the psychosocial determinants of HIV infection among these men. Participants completed a questionnaire every six months and data are from the first follow-up visit. Trends analyses by calendar period were done and a logistic regression model using generalised equations for parameter estimation was generated for each type of drug. Results reveal an increase in cocaine, ecstasy, hallucinogen, speed and GHB use between 1997 and 2003. On the other hand, marijuana, poppers and heroin use do not seem to have change significantly. Men who are younger than 30 years old and who had risky anal intercourse seem to be more likely to have used specific drugs in the same period. This indicates possible transformations in the way of life of these men and these results suggest new challenges for HIV prevention in the gay community.

Keywords: HIV, homosexuals, risk, drugs, evolution

Drogas, sexo y riesgos en la comunidad gay montrealesa: 1997-2003

Resumen

Este artículo describe la evolución del consumo de drogas entre 1997 y 2003 entre los hombres gay y bisexuales seronegativos de la gran región montrealesa, según la edad y los comportamientos sexuales de riesgo con respecto al VIH. Los datos provienen de Oméga, un estudio longitudinal sobre la incidencia y los determinantes psicosociales de la infección de VIH en los hombres. Los participantes respondieron un cuestionario cada seis meses y los datos son los de su primera visita de seguimiento. Se realizaron análisis de tendencia por período de calendario y se generó un modelo de regresión logística, utilizando una estimación por ecuaciones generalizadas para cada tipo de droga. Los resultados revelan un aumento del consumo de cocaína, éxtasis, alucinógenos, speed y GHB entre 1997 y 2003. Por el contrario, el consumo de marihuana, poppers y heroína no parece haber cambiado de manera significativa. Los menores de 30 años y quienes tienen relaciones sexuales anales a riesgo parecen haber tenido una mayor tendencia a consumir ciertas drogas durante este mismo período. Estos resultados, índices de transformaciones posibles en los modos de vida de estos hombres, plantean nuevos desafíos en la prevención del VIH en la comunidad gay.

Palabras clave : VIH, homosexuales, riesgos, drogas, evolución

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