Tour d’horizon sur les principales approches de traitement du jeu pathologique chez les adultes et les adolescents

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ANNIE GENDRON, MAGALI DUFOUR, NATACHA BRUNELLE, DANIELLE LECLERC /

Annie Gendron, M. Ps., Candidate au doctorat en psychologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et étudiante au RISQ, au Groupe de recherche et d’intervention sur l’adaptation psychosociale et scolaire (GRIAPS) et à l’Institut universitaire sur les dépendances du Centre Dollard-Cormier, Coordonnatrice de la Chaire de recherche du Canada sur les trajectoires d’usage de drogues et les problématiques associées, Département de psychoéducation, UQTR

Magali Dufour, Ph. D., Chercheure régulière au RISQ, à l’Institut universitaire sur les dépendances et au Centre de recherche de l’Hôpital Charles LeMoyne, Professeure à la Faculté de médecine et des sciences de la santé (Programme en toxicomanie), Université de Sherbrooke

Natacha Brunelle, Ph. D., Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les trajectoires d’usage de drogues et les problématiques associées, Chercheure régulière au RISQ, au GRIAPS et Institut universitaire sur les dépendances, Professeure au Département de psychoéducation, UQTR

Danielle Leclerc, Ph. D., Chercheure régulière au CRIRES et au GRIAPS, Professeure au Département de psychoéducation, UQTR

Résumé :

L’industrie des jeux de hasard et d’argent a connu un essor important au cours des dernières années. Parallèlement, les gouvernements ont beaucoup investi dans la recherche et le développement de programmes de traitement afin d’aider les joueurs aux prises avec un problème de jeu. Bien que l’offre de traitement soit diversifiée, on ne dispose pas actuellement de données probantes permettant de statuer sur les meilleures pratiques en matière de traitement du jeu pathologique. Les études évaluatives qui ont été menées auprès de joueurs pathologiques comportent des failles méthodologiques. Néanmoins, certaines approches chez les adultes semblent prometteuses. Par exemple, l’approche cognitivo-béhaviorale et les groupes de soutien de type Gamblers Anonymes (GA) se démarquent en termes de maintien de l?abstinence au jeu. D’autres travaux récents présentent des résultats encourageants obtenus avec l’approche pharmacologique. L’administration de Naltrexone aux joueurs pathologiques permettrait de diminuer l’envie obsessive de jouer. On commence aussi à reconnaître que le modèle transthéorique du changement et l’approche de thérapie conjugale contribuent certainement à améliorer la rétention des joueurs adultes en traitement. Pour les adolescents, l’offre de traitement est moins développée. Les initiatives de programmes d’intervention pour les jeunes présentant un problème de jeu sont encore embryonnaires et empruntent généralement les paradigmes de l’approche cognitivo-béhaviorale. Il sera nécessaire aussi de réfléchir aux critères retenus correspondant à la réussite d’un traitement, que ce soit pour les adultes ou pour les adolescents. L’abstinence complète de tous les jeux de hasard et d’argent n’est peut-être pas le seul indicateur de rétablissement.

Mots-clés : Jeu pathologique, prévalence, traitement, adultes, adolescents

Overview of the main treatment approaches for pathological gambling among adults and adolescents

Abstract

The gaming industry has expanded considerably over the past years. During this time, governments have invested a lot in research and development for treatment programs to help problem gamblers. Despite the diversity of treatments offered, there are currently no data that enable us to determine the best practises in terms of treatment for pathological gambling. There are methodological flaws in the evaluative studies involving pathological gamblers, so treatment effectiveness cannot be determined. Nevertheless, some approaches used with adults appear promising. Notably, the cognitive behavioural approach and Gamblers Anonymous (GA) support groups stand out in terms of maintaining abstinence from gambling. Other recent research shows encouraging results using the pharmacological approach. It appears that administering Naltrexone to pathological gamblers would help reduce the obsessive desire to gamble. Also gaining recognition is the definite contribution of the transtheoretical model of change and couple-therapy approaches to keeping gamblers in treatment. For adolescents, treatment options are less developed. Intervention program initiatives for youths exhibiting a gambling problem are still at the embryonic stage and borrow paradigms from the cognitive behavioural approach. Thought must be given to determining which criteria correspond to the success of a treatment, whether for adults or adolescents. Complete abstinence from all gambling may not be the only indicator of recovery.

Keywords: Pathological gambling, prevalence, treatment, adults, youths

Panorama sobre los principales enfoques de tratamiento del juego patológico en los adultos y los adolescentes

Resumen

La industria de los juegos de azar y de dinero ha tenido un progreso importante en los últimos años. Al mismo tiempo, los gobiernos han invertido mucho en la investigación y el desarrollo de programas de tratamiento destinados a ayudar a los jugadores que se enfrentan con un problema de juego. Si bien la oferta de tratamiento es diversificada, no se dispone en la actualidad de datos convincentes que permitan determinar cuáles son las mejores prácticas en materia de tratamiento del juego patológico. Los estudios de evaluación que se han llevado a cabo con jugadores patológicos presentan fallas metodológicas. Sin embargo, ciertos enfoques parecen ser prometedores entre los adultos. Por ejemplo, en lo que respecta al mantenimiento de la abstinencia del juego, se destacan el método cognitivo-conductista y los grupos de apoyo del tipo Gamblers Anonymes (GA). Otros trabajos recientes presentan resultados alentadores obtenidos con la aplicación del enfoque farmacológico. La administración de Naltrexone a los jugadores patológicos permitiría disminuir el deseo obsesivo de jugar. Se comienza de esta manera a reconocer que el modelo transteórico del cambio y el método de terapia conyugal contribuyen por cierto a mejorar la retención de los jugadores adultos en tratamiento. La oferta de tratamiento está menos desarrollada en el caso de los adolescentes. Las iniciativas de programas de intervención para los jóvenes que presentan un problema de juego son todavía embrionarias y adoptan en general los paradigmas del enfoque cognitivo-conductista. Será necesario también reflexionar sobre los criterios escogidos correspondientes con el éxito de un tratamiento, ya sea para los adultos o para los adolescentes. La abstinencia completa de todos los juegos de azar y de dinero es quizás el único indicador de restablecimiento.

Palabras clave: Juego patológico, prevalencia, tratamiento, -adultos, adolescentes

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