Se shooter en présence d’intervenants!? Les points de vue des consommateurs sur la mise en place éventuelle des lieux d’injection de drogues illicites à Montréal

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NICOLAS CARRIER, PIERRE LAUZON /

Nicolas Carrier, Département de sociologie, Université du Québec à Montréal, Département de psychiatrie, Université de Montréal

Pierre Lauzon, Centre de recherche et d’aide aux narcomanes (CRAN), Centre hospitalier universitaire de Montréal, Unité de toxicomanie

Résumé :

Au Canada, depuis la fin des années 1990, la mise en place de lieux d’injection de drogues illicites (LIDI) est réclamée par des acteurs variés pour différents motifs, les principaux étant d’ordre sociosanitaire. Alors que les LIDI constituent une stratégie de réduction des méfaits qui suscite un attrait certain pour le politique, les consommateurs sont largement absents des débats entourant leur instauration éventuelle, du moins dans le cas de Montréal. C’est ce cas auquel les auteurs se consacrent dans cet article. Certes, on consulte les consommateurs au moyen de questionnaires, mais ces pratiques sont interrogatives et étrangères à une démarche compréhensive. Nous présentons ici une recherche qualitative inductive sur ce que signifie pour des consommateurs marginalisés la disponibilité éventuelle de LIDI à Montréal. La recherche permet également de connaître le type de ressources qu’ils souhaiteraient, le cas échéant, voir mises en place. Leurs discours permettent aussi de connaître leurs conditions de vie, la marginalisation et le contrôle social qu’ils subissent en raison du statut sociojuridique des substances qu’ils consomment, comme les principales cibles que devraient viser les services destinés à améliorer leur bien-être. On observe ainsi une disjonction importante entre, d’une part, le sens que revêt pour les consommateurs la mise en place éventuelle de LIDI à Montréal et, d’autre part, les principes de légitimation utilisés par les acteurs réclamant l’instauration de tels lieux.

The Shooting-up in The Presence of Caregivers!? The Drug User’s Point-of-view on the Possible Establishment of a Supervised Injection Facility of Illicit Drugs In Montreal

Abstract

In Canada, various actors have been requesting designated premises for the injection of illicit drugs, since the late ‘90s, for different reasons, the principal being socio-sanitary. Even though these premises constitute a strategy of harm reduction attractive to the politician, drug users are largely absent from the debate on their eventual implementation, at least in Montreal. This is the case considered by the authors in this article. Of course, users are consulted, through questionnaires, but these are interrogative practices quite different from a comprehensive approach. We present here a qualitative and inductive research on the significance, for marginalized consumers, of the eventual availability of such premises in Montreal. Also, the research allows us to know which type of resources they would wish, should the case arise. Their discourse permits us to understand that the principal target, for the services that are meant to better their well-being, is their life-style, living on the fringe of society and the social control they put up with due to the socio-judicial status of the substances they use. We observe also an important distinction between, on the first hand, the meaning that these designated premises hold for the users in Montreal and, on the other hand, the legitimating principles used by the actors demanding the establishment of such premises.

¿Chutarse en presencia de interventores!? El punto de vista de los consumidores sobre eventual de lugares de injección de drogas ilícitas en Montreal

Resumen

En el Canadá, desde finales de los años 1990, varios actores reclaman que se establezcan lugares de injección de drogas ilícitas (LIDI), por diferentes motivos, los principales siendo de índole socio-sanitarias. Mientras los LIDi constituyen una estrategia de reducción de los estragos, que suscita un atractivo seguro para lo político, los consumidores quedan bien afuera de los debates alrededor del establecimiento eventual de los LIDI, por lo menos en el caso de Montreal a la cual los autores consagran este artículo. Se les consulta por medio de cuestionarios, pero éstas prácticas son interrogativas y extranjeras a un proceso comprehensivo. Éste artículo presenta un informe calitativo inductivo sobre lo que representa para las consumidores marginalizados la disponibilidad eventual de LIDI en Montreal. El informe permite igualmente de conocer el tipo de recursos que los consumidores quisieran ver establecer, en su caso. El discurso de los consumidores conduce a identificar sus condiciones de vida, la marginalización y el control social que soportan, con motivo del estatuto socio-jurídico de las substancias que consumen, cómo objetivos principales que deberían tomar los servicios establecidos para permitir una mejora de su bienestar. Es así cómo se observa una disparidad importante entre, por un lado, el sentido que toma para los consumidores el establecimiento de LIDI en Montreal y, por otro lado, los principios de legitimación utilizados por los actores que reclaman su instauración.

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