Quand drogues et violence se rencontrent chez les jeunes : un cocktail explosif ?

SERGE BROCHU, MARIE-MARTHE COUSINEAU, CHLOÉ PROVOST, PATRICIA ERICKSON, SUN FU /

Serge Brochu, M Ph. D., Professeur titulaire, École de criminologie, Université de Montréal

Marie-Marthe Cousineau, Ph. D., Professeure titulaire, École de criminologie, Université de Montréal

Chloé Provost, B. Sc., Candidate au M. Sc., École de criminologie, Université de Montréal

Patricia Erickson, Ph. D., Chercheure, Center of Addiction and Mental Health

Sun Fu, Ph. D., Agent de recherche,nCentre international de criminologie comparée, Université de Montréal

Résumé :

Les jeunes qui se retrouvent en centre de réadaptation pour jeunes contrevenants constituent un groupe qui mérite une attention particulière lorsqu’il s’agit de faire le point sur les relations qui se nouent entre alcool/drogues et violence. Cet article a pour but de décrire les liens qui se tissent entre substances psychoactives (entendre alcool et drogues illégales) et violence chez les jeunes contrevenants. Plus spécifiquement, il s’agit d’exposer le rôle : a) des intoxications; b) du besoin d’argent pour se procurer des drogues ; et c) du système de distribution illicite des drogues dans la manifestation de comportements violents chez les jeunes contrevenants canadiens. Les données traitées dans cet article sont issues d’un questionnaire adressé aux jeunes contrevenants de sexe masculin admis dans les centres de réadaptation du Québec (n = 239) et de l’Ontario (n = 162) quel que soit le délit à l’origine de leur prise en charge institutionnelle. Parmi les trois types de relation étudiés, c’est l’intoxication qui se révèle le facteur le plus important menant à la violence. Notons par ailleurs qu\’une bonne partie des crimes associés aux substances psychoactives le sont à plus d’un titre. Des pistes d’interprétation sont suggérées.

Mots-clés : Jeunes contrevenants, substances psychoactives, violence, liens

When youth combine drugs and violence: an explosive cocktail

Abstract

Young offenders held in youth rehabilitation centres constitute an at risk population for substance abuse and violence. This study will describe the relation between a psychoactive substance (alcohol and illicit drugs) and violence among this population. More specifically, we will look at: a) intoxication periods; b) the need for money to buy drugs; and c) the illicit drug distribution system in the manifestation of violent behaviour among young Canadian offenders. The data referred to in this article is based on a questionnaire administered to 239 young male offenders in rehabilitation centres in Quebec and 162 young male offenders in similar facilities in Ontario, irrespective of the offence for which they were being held. Of the three types of relations studied, intoxication seems to be the most important factor leading to violence. It should be noted that a significant portion of crimes associated to psychoactive substances are related to more than one substance. Possible interpretations are suggested.

Keywords: Young offenders, psychoactive substances, violence, links

El encuentro de drogas y violencia en los jóvenes: ¿un cóctail explosivo?

Resumen

Los jóvenes que se hallan en los centros de readaptación para jóvenes contraventores constituyen un grupo que merece una atención particular cuando se trata de determinar las relaciones que se crean entre drogas y alcohol por un lado y violencia por el otro. Este artículo tiene como objetivo describir los vínculos que se tejen entre las sustancias psicoactivas (es decir, alcohol y drogas ilegales) y la violencia en los jóvenes contraventores. En particular, se trata de exponer el rol que cumplen los siguientes factores: a) las intoxicaciones; b) la necesidad de dinero para procurarse drogas; y c) el sistema de distribución ilícita de drogas en la manifestación de conductas violentas en los jóvenes contraventores canadienses. Los datos que se estudian en este artículo surgen de un cuestionario destinado a jóvenes contraventores de sexo masculino admitidos en los centros de readaptación de Quebec (n = 239) y de Ontario (n = 162), independientemente del delito que haya causado su institucionalización. Entre los tres tipos de relaciones analizados, la intoxicación es la que demuestra ser el factor más importante conducente a la violencia. Se observa, por otra parte, que una buena parte de los crímenes relacionados con las sustancias psicoactivas lo son por más de una razón. Se sugieren en el artículo pistas para la interpretación del estudio.

Palabras clave: Jóvenes contraventores, sustancias psicoactivas, violencia, vínculos

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