Drogues du viol et agression sexuelle : perception de jeunes en milieu collégial

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NICOLE PERREAULT, HUGUETTE BÉGIN, JOSÉE MICHAUD, ISABELLE DENONCOURT /

Nicole Perreault, Ph.D.,psychologue, chercheure, Direction de santé publique de Montréal, Chargée d’enseignement clinique, Département de médecine sociale et préventive, Université de Montréal, Membre du Centre de recherche interdisciplinaire sur les problèmes conjugaux et les agressions sexuelles (CRIPCAS)

Huguette Bégin, Ph.D., psychologue, Professeure agrégée. Département de psychologie, Université de Montréal, Membre du Centre de recherche interdisciplinaire sur les problèmes conjugaux et les agressions sexuelles(CRIPCAS)

Josée Michaud, candidate au doctorat, Département de psychologie, Université de Montréal, Adjointe à la recherche, Direction de la santé publique de Montréal, Membre du Centre de recherche interdisciplinaire sur les problèmes conjugaux et les agressions sexuelles (CRIPCAS)

Isabelle Denoncourt, Ph.D., psychologie, Adjointe à la recherche et coordonnatrice de projet, Direction de la santé publique de Montréal

Résumé :

La littérature scientifique indique que l’usage de substances (alcool et drogues), particulièrement chez les jeunes, peut générer un état de vulnérabilité propice à l’agression sexuelle, notamment à cause de périodes de blackout, et que l’alcool serait surtout en cause. Cependant, l’oubli pouvant découler d’une consommation abusive a été médiatisé et présenté comme résultant de la consommation de «drogues du viol», notamment le GHB. La littérature rapporte également des relations entre l’adhésion à de fausses croyances entourant le viol (mythes) et l’agression sexuelle elle-même. L’étude vise à vérifier les liens possibles entre la présence de mythes entourant le viol et la fréquence d’épisodes de consommation menant à l’oubli chez des étudiants de niveau collégial de la région de Montréal. La perception des substances pouvant être liées à l’agression sexuelle chez les jeunes est également explorée. Les résultats indiquent que, pour les étudiants, le GHB constitue la drogue la plus souvent associée au viol, même si l’alcool est également identifié. On observe aussi que ceux qui rapportent le plus fréquemment avoir eu une période d’oubli à cause d’une consommation d’alcool ou de drogue adhèrent davantage à de fausses croyances reliées au viol que les autres. Il serait souhaitable d’explorer davantage les liens entre la consommation de substances et l’agression sexuelle en vue d’établir un lien de causalité entre les deux. De même, compte tenu des statistiques disponibles, il serait important d’intégrer de l’information concernant la consommation de substances dans les programmes de prévention des agressions sexuelles.

Mots-clés: agressions sexuelles, consommation de substances, drogues du viol, alcool, étudiants, collégial

Date rape drugs and sexual assault: perception of college level students

Abstract

Current literature indicates that the use of substances such as drugs and alcohol, particularly by youths, can lead to a state of vulnerability propitious to sexual assault, but that it is alcohol that has generally been linked to abuse. However, lack of recollection that can result from excessive consumption has been portrayed in the media as an effect of “date rape drugs”, such as GHB. Studies also suggest some links between rape myths acceptance and sexual assault. Therefore, the goals of the current study were to verify the perceptions held by college level students from the Montreal area in regards to substances linked to sexual assault. Possible relations between the existing rape myths and the frequency of substance abuse leading to amnesia were also explored. According to the youths who participated in the current study, GHB represent the drug most often linked to rape, even if alcohol was also identified. Moreover, results revealed that the group of youths who acknowledged often forgetting parts of an evening due to excessive use of drugs or alcohol tended to hold a greater amount of false beliefs regarding rape, in comparison to the others. Among our recommendations, we should explore the links between substance use and sexual assault to establish a causal relation between the two factors. Also, it would be beneficial to include information regarding the use of substances within the sexual assault prevention programs.

Keywords: sexual assault, substance use, date rape drugs, alcohol, college students

Drogas de la violación y agresión sexual:percepciones de los jóvenes en los colegios postsecundarios de enseñanza general y profesional

Resumen

La bibliografía científica indica que el uso de sustancias psicotrópicas (alcohol y drogas), particularmente entre los jóvenes, puede generar un estado de vulnerabilidad propicio para la agresión sexual, principalmente a causa de los períodos de blackout que generan, y que el alcohol sería el principal cuestionado. Sin embargo, el olvido que puede resultar de un consumo abusivo ha sido mediatizado y presentado como el resultado del consumo de “drogas de la violación”, principalmente GHB. La bibliografía informa asimismo sobre la relación existente entre la adhesión a falsas creencias en torno a la violación (mitos) y la agresión sexual misma. El estudio apunta a verificar los vínculos posibles entre la presencia de mitos en torno a la violación y la frecuencia de episodios de consumo de sustancias psicotrópicas que producen olvido entre los estudiantes de los colegios postsecundarios de enseñanza general y profesional de Montreal. Se analiza también la percepción de las sustancias que pueden estar relacionadas con la agresión sexual entre los jóvenes. Los resultados indican que la GHB es la droga que los estudiantes asocian con más frecuencia a las violaciones, aun cuando el alcohol también está identificado. Se observa además que aquéllos que declaran más a menudo haber tenido un período de olvido a causa del consumo de alcohol o de drogas son más propensos que los demás a adherir a las falsas creencias relacionadas con la violación. Sería deseable explorar aún más los vínculos entre el consumo de sustancias psicotrópicas y la agresión sexual, con el objetivo de establecer una relación de causalidad entre ambos. Asimismo, teniendo en cuenta las estadísticas disponibles, sería importante integrar en los programas de prevención de agresiones sexuales la información concerniente al consumo de sustancias psicotrópicas.

Palabras clave: agresiones sexuales, consumo de sustancias psicotrópicas, drogas de la violación, alcohol, estudiantes, colegios postsecundarios de enseñanza general y profesional

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