Consommation et agressions sexuelles : évaluation d’une intervention préventive en milieu collégial

NICOLE PERREAULT, HUGUETTE BÉGIN, DANIELLE BÉDARD, ISABELLE DENONCOURT /

Nicole Perreault, Ph. D., Psychologue, chercheure, Direction de santé publique de Montréal, Chargée d’enseignement clinique, Département de médecine sociale et préventive, Université de Montréal, Membre du Centre de recherche interdisciplinaire sur les problèmes conjugaux et les agressions sexuelles (CRIPCAS)

Huguette Bégin, Ph. D., Psychologue, professeure agrégée, Département de psychologie, Université de Montréal, Membre du Centre de recherche interdisciplinaire sur les problèmes conjugaux et les agressions sexuelles (CRIPCAS)

Danielle Bédard, M. Ed., M.A., Sexologue clinicienne et psychothérapeute, Adjointe à la recherche, CSSS Pointe-de-l’Île point de service, CLSC Rivière-des-Prairies

Isabelle Denoncourt, Ph. D. psychologie, chercheure, Direction de santé publique de Montréal, Coordonnatrice du projet et adjointe à la recherche

Résumé :

La littérature établit un lien entre la consommation de drogues et d’alcool et les agressions sexuelles. À cet effet, l’alcool constitue la substance la plus utilisée lors d’une agression sexuelle. Cependant, la perception des jeunes reste associée au GHB lorsqu’on aborde la thématique des drogues du viol. L’étude vise à examiner les effets d’une intervention préventive quant au changement dans les connaissances d’étudiants de niveau collégial face aux substances pouvant faciliter une agression. En tout, 623 étudiants ont participé à l’intervention et ont répondu à des questionnaires de prétest et de post-test, tandis que 247 étudiants composaient le groupe contrôle. Les résultats indiquent un effet positif de l’intervention en post-test, de sorte que les participants ciblent davantage l’alcool comme étant la première substance reliée aux agressions sexuelles. De plus, ils reconnaissent davantage le rôle de la consommation en tant que facteur de risque à une agression. Par ailleurs, les résultats indiquent également que l’alcool seul ne fait pas l’unanimité en tant que substance la plus utilisée pour faciliter une agression. Les participants tendent à mentionner d’autres substances telles que certains médicaments mélangés avec l’alcool. Les résultats suscitent la réflexion quant à l’utilité d’aborder plusieurs substances qui pourraient, au dire des jeunes, être utilisées dans un contexte d’agression sexuelle. Il semble que l’intervention aurait plutôt intérêt à détailler le rôle de l’alcool et le contexte de son utilisation dans la création d’une dynamique d’agression. De plus, l’information devrait porter sur la relation sexuelle sans consentement ou forcée pour correspondre à la réalité des jeunes auprès desquels l’intervention a lieu. Les nuances pourraient alors être mises en évidence pour aborder le niveau de consommation d’alcool en fonction de la quantité ingérée, le sexe du consommateur et les contextes de consommation.

Mots-clés : agressions sexuelles, consommation de substances, alcool, drogues du viol, étudiants, collégial

Consumption and sexual assault: Assessment of a preventive intervention in a college

Abstract

The literature establishes a link between drug and alcohol consumption and sexual assault. Alcohol is the substance most often used during a sexual assault. However, the perception of young people remains associated with GHB when addressing the issue of date rape drugs. The main goal of the study was to examine the effects of a preventive intervention on the knowledge of college students concerning substances that can facilitate a sexual assault. 623 students participated in the intervention and completed the pre- and post-test questionnaires, while 247 students were in the control group. The results showed that the intervention had a positive effect on the post-test results. Participants focused more on alcohol as the substance the most often used to facilitate sexual assaults. Moreover, they recognized the role of the consumption as a risk factor to such assault. The results also indicated that participants in the intervention group were not unanimous in referring to alcohol as the substance most often used to facilitate an assault. They tended to mention other substances such as certain medications combined with alcohol. The results suggest considering the utility of addressing several substances which could, according to the participants, be used in a context of sexual assault. It appears that, in the intervention, it would be better to detail the role of alcohol and the context of its use in creating a dynamic of assault. In addition, information should cover a sexual relationship without consent or forced, so that it corresponds to the reality of youth at the college level. These distinctions could then be highlighted to discuss the level of alcohol consumption according to the quantity ingested, the consumer’s gender and the context of the consumption.

Keywords: sexual assaults, substance use, date rape drugs, alcohol, college, students

Consumo de sustancias y agresiones sexuales: evaluación de una intervención preventiva en el medio de los colegios postsecundarios de enseñanza general y vocacional

Resumen

La bibliografía establece un vínculo entre el consumo de alcohol y de drogas y las agresiones sexuales. El alcohol es la sustancia más utilizada en las agresiones sexuales. Sin embargo, cuando se trata el tema de las drogas y la violación, la percepción de los jóvenes asocia esta última al éxtasis líquido (GHB). El estudio tiene como objetivo examinar los efectos de una intervención preventiva para cambiar el conocimiento de los estudiantes de nivel colegial postsecundario sobre las sustancias que pueden facilitar una agresión. En total, 623 estudiantes participaron de la intervención y respondieron a los cuestionarios previos y posteriores a la misma, mientras que 247 estudiantes integraron el grupo de control. Los resultados de los cuestionarios posteriores a la intervención demuestran un efecto positivo de la misma, puesto que los participantes consideran en mayor medida al alcohol como la primera sustancia relacionada con las agresiones sexuales. Además, los resultados señalan también en mayor medida el papel del consumo como un factor de riesgo para una agresión. Por otra parte, los resultados indican asimismo que el alcohol solo no está considerado de manera unánime como la sustancia más utilizada para facilitar una agresión. Los participantes tienden a mencionar otras sustancias, como ciertos medicamentos mezclados con el alcohol. Estos resultados llaman a la reflexión en cuanto a la utilidad de tratar muchas sustancias que podrían, según los jóvenes, utilizarse en un contexto de agresión sexual. Parecería que la intervención debería detallar el papel del alcohol y del contexto de su uso en la creación de una dinámica de agresión. Además, la información debería referirse a la relación sexual sin consentimiento o forzada, para que corresponda con la realidad de los jóvenes con los cuales tuvo lugar la intervención. Podrían ponerse en evidencia entonces los matices que permitan tratar el nivel de consumo de alcohol en función de la cantidad ingerida, del sexo del consumidor y de los contextos de consumo.

Palabras clave: agresiones sexuales, consumo de sustancias, alcohol, drogas de la violación, estudiantes, colegial

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